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On est plutôt content ce matin sur la plage de Ramena (Nord de Madagascar). Un peu plus de 300 kilos de poissons sont déchargés des deux barques que l'on a soigneusement remontées sur le sable. Les hommes et les femmes ne seront pas partis en mer dès 5 heures 30 pour rien
 
 
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Jeunes et TIC

Des études récentes sur les usages des technologies de la communication rendent compte des pratiques des jeunes, notamment sur l’Internet. Qu’en est-il aujourd’hui de leurs modes d’accès aux oeuvres, des fractures et des communautés de la net-génération ?
  Jeunes et TIC
 Les moins de 25 ans sont nés et ont grandi dans un environnement médiatique riche. Les années 1980 ont été celles des bouleversements audiovisuels (radios libres, multiplication de l’offre télévisuelle, démarrage du câble, généralisation du magnétoscope, diffusion du multi-équipement  electroacoustique, etc.), les années 1990, celles de l’explosion de l’informatique domestique, des jeux vidéo et de la téléphonie mobile, et les années 2000, celles de la diffusion de l’Internet domestique et de la diversification des modes d’accès aux contenus culturels. La « culture de l’écran » est devenue une « culture de la chambre1 » grâce à la multiplication des équipements dédiés : ainsi, il n’est pas rare que les jeunes soient dotés d’une chaîne hi-fi, d’une télévision et d’un ordinateur, qui complètent leur équipement en téléphonie mobile.  Ces mutations de l’accès aux équipements se doublent d’une mutation des usages : les jeunes sont les plus connectés de la population  française, la messagerie instantanée est devenue pour la moitié d’entre eux un mode de communication avec leurs proches qui a supplanté le mobile. Internet n’a pas mécaniquement sonné le glas de la fréquentation des salles de cinéma : ceux qui téléchargent le plus de vidéos sont ceux qui y vont le plus3. Le numérique n’a pas non plus fait disparaître l’écrit : des usages différenciés se sont développés chez les jeunes entre écrit papier et écrit électronique, qui font appel à des langages différents (le langage SMS versus le langage habituel) dans des sphères distinctes. Quant à la lecture, ce n’est pas le numérique qui a provoqué sa baisse puisque celle-ci est engagée de génération en génération depuis les années 1970. Il n’est même pas certain qu’elle l’ait accélérée : les évolutions en la matière semblent suivre les courbes dessinées par les générations précédentes.
Jeunes et TIC  
 C’est sans doute au sein même du pôle « média » que l’arrivée et la diffusion massive d’Internet ont le plus bousculé la donne. Car les fonctions des TIC sont directement concurrentes de celles de la radio et de la télévision – information et entertainment, musique, vidéo –  et modifient les conditions d’accès et de réception de ces deux anciens médias (par exemple via le podcasting). Les modes d’accès aux contenus et de consommations se sont multipliés, entraînant une mutation du rapport aux oeuvres : quand les frontières entre amateurisme et professionnalisme sont rendues plus floues, c’est également la définition de l’oeuvre et de l’auteur qui sont en jeu (voir les Wiki par exemple). De ce fait, la médiation culturelle et la compétence spécialisée qui y est rattachée se trouvent questionnées dans des univers qui reconnaissent plus  volontiers la communauté, le partage de goût ou de pratique que la hiérarchie du savoir. Pour autant, peut-on parler d’homogénéisation de la culture jeune et du rapport des jeunes aux TIC ? Il n’en est rien. D’abord parce que la « fracture numérique » perdure, tant en terme d’accès, d’usage que d’éducation aux médias. Car les TIC sont devenus, comme hier la télévision, un objet d’éducation et de régulation dans les familles (de l’accès, du temps passé, de contenus consommés, etc.), s’insérant parfois dans un projet éducatif parental, que les parents soient compétents ou non dans l’usage de ces technologies. Cette « fracture » obéit aux lois de la stratification sociale des  comportements culturels et éducatifs. Ensuite parce qu’à l’intérieur de la net-génération voisinent des usages variables selon l’âge7 : les plus jeunes privilégient les usages ludiques, les plus âgés les usages communicationnels. Loin d’être tous des utilisateurs polyvalents d’Internet, les jeunes favorisent à chaque âge des usages liés aux enjeux de leur socialisation, et la rapidité des mutations technologiques crée des dissemblances entre les âges : ainsi le blog apparaît comme le terrain d’élection des adolescents8, alors que les jeunes adultes ont des usages plus « classiques » du web (mail et téléchargement).
  Jeunes et TIC
Enfin, parce que le rapport aux TIC des filles et des garçons est très différent. Les TIC ne réalisent pas – pas plus que les autres pratiques et consommations culturelles9 – l’idéal de mixité qui avait présidé à leur invention. Ces différences garçons/filles interviennent à de multiples niveaux : en matière de stratégies éducatives (qu’il s’agisse de dotation en équipement ou d’éducation)10, en matière de normes sociales de comportements, dans l’offre de produits et services (le champ du jeu vidéo par exemple est masculin)11 et dans les modes d’appropriation des objets et supports. Loin de produire « une » culture jeune, les TIC permettent « des cultures jeunes », des expérimentations identitaires, des espaces de liberté ou de normativité.
 
Source: MCC/DDAI/DEPS
 
 

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