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Une centaine de dauphins d'Electre se sont retrouvés prisonniers d'un bras de mer dans le Nord-Ouest de Madagascar. Un phénomène inédit dans l'île par son ampleur.
Cet article a été rédigé à partir d'une alerte d'internaute
Depuis le 31 mai, plus d'une centaine de dauphins d'Electre (Peponocephala electra) sont bloqués dans l'estuaire du port d'Antsohihy, dans le Nord-Ouest de Madagascar. La ville, dont la population dépasse les 100.000 habitants, se trouve à l'extrémité d'un bras de mer qui traverse un grand lac d'eaux saumâtres. Prisonniers avec la marée descendante, de nombreux cétacés se sont échoués dans les racines des palétuviers qui constituent la mangrove.
Lundi soir, le bilan était lourd : 55 cétacés morts, dont 25 repêchés. Une vingtaine de dauphins a pu être sauvée ; il en reste 45 vivants, dont l'état de santé est "moyen", selon Sylvain Rafiadana-Ntsoa, de WWF-Madagascar.
Opération sauvetage
"C'est la première fois qu'autant de dauphins s'échouent en même temps sur nos côtes", précise-t-il à LCI.fr, le phénomène concernant d'habitude quelques individus, pas de cette espèce, ni à cet endroit de l'île. Plusieurs ONG, dont le WWF et le WCF (Wildlife conservation fund), associées au Centre malgache de la recherche océanographique et aux autorités locales tentent d'organiser le sauvetage des dauphins survivants.
"Deux tentatives, menées avec des pirogues, ont échoué", explique à LCI.fr Philippe Robinet, propriétaire d'un hôtel sur place et mobilisé dans cette opération. Une troisième tentative est prévue mardi, cette fois-ci avec quatre vedettes rapides motorisées et un bateau en soutien. Objectif : amener les dauphins à redescendre le bras de mer, retraverser le lac et rejoindre le large, à une trentaine de kilomètres en aval.
Epidémie ou sonars ?
Scientifiques et écologistes tentent de comprendre la cause de cet échouage inhabituel. Des prélèvements ont été effectués sur les cadavres et doivent être envoyés à l'Institut Pasteur d'Antananarivo ainsi que dans un laboratoire sud-africain. L'hypothèse d'une épidémie infectieuse (virus, parasites...) est avancée. Autres possibilités : une intoxication naturelle (biotoxines) ou humaine (pollution) ; des événements climatiques ou océaniques ; une perturbation du système de navigation par des sonars à basse fréquence, militaire ou scientifique.
Sur place, c'est cette dernière explication qui alimente les rumeurs. Plusieurs sources indiquent à LCI.fr qu'un navire d'une compagnie pétrolière a effectué une campagne de recherche au large d'Antsohihy, en recourant à ce type de sonars.
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